Une possibilité de culture à fort rapport économique
Des chercheurs du Alberta Research Council (l’ARC) à Vegreville pensent que les producteurs de l’Alberta pourront bientôt produire une culture à fort rapport pour la médecine. L’artémisinine, un extrait d’Artemisia annua ou armoise amère ordinaire, tue les parasites du paludisme qui résistent à d’autres traitements et c’est le traitement recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (l’OMS) contre le paludisme. Le paludisme tue un million de personnes par an et 70 à 90 % de ces décès se produisent surtout parmi les pauvres en Afrique. La production mondiale actuelle d’artémisinine ne peut pas répondre à cette demande de plus en plus importante.
« L’armoise amère ordinaire est cultivée de manière traditionnelle en horticulture dans d’autres pays et elle est généralement produite avec du travail manuel, » explique le Dr. Paul Watson, agronome en nouvelles cultures dans le programme phytochimique.
« Nous nous demandions s’il était possible de mécaniser la production et ce que cela donnerait en économies d’échelle. Au Canada, les producteurs excellent vraiment en production à grande échelle de produits et de cultures spéciales, un avantage pour une production de haute qualité et de grand volume. »
Paul Watson et son équipe veulent répondre à ces questions et tester des hypothèses sur la culture de l’ardoise amère ordinaire. Une évaluation de la faisabilité économique a montré des résultats très favorables et les premiers essais de culture en 2008 ont aussi été très positifs. « Bien qu’en termes canadiens cette possibilité soit une culture de très petite superficie pour quelques producteurs, nous croyons qu’une industrie très rentable pourrait être développée pour la production d’artémisinine dans le sud de l’Alberta, » dit Paul Watson. « C’est l’endroit optimal au Canada à cause des conditions de croissance, des degrés-jours de croissance et de l’irrigation disponible. »
L’ ARC développe des variétés adaptées localement
Les scientifiques de l’ARC sont en train d’évaluer diverses souches d’Artemisia annua et ils ont lancé un programme de sélection pour des variétés adaptées localement. « Il y a d’autres chercheurs qui établissent des programmes de sélection dans le monde et nous obtenons des souches de divers organismes comme la University of York au Royaume-Uni, Mediplant en Suisse et autres, » déclare Paul Watson. « Bien qu’il y ait plusieurs souches disponibles, il y a moins de matériel végétal adapté à notre saison de croissance, qui est un peu plus courte. Nous voulons développer des variétés d’armoise amère ordinaire adaptées spécifiquement aux conditions de croissance de l’Alberta pour des applications antipaludiques. »
L’ARC a réussi à faire pousser de l’armoise amère ordinaire dans les parcelles d’essai de l’installation de Vegreville avec un taux élevé de production de biomasse et des quantités commerciales d’artémisinine. « Nous avons planté plusieurs parcelles d’essai encore une fois en 2009 à l’ARC et aussi dans le sud de l’Alberta en examinant divers facteurs comme la fertilité, l’espacement des plantes, le moment de la récolte et d’autres questions agronomiques, » dit Paul Watson. « La production végétale est similaire aux cultures annuelles de fourrages, bien que nous ayons encore quelques questions de logistique à régler concernant la récolte, l’extraction et le traitement. »
Comme l’Artemisia annua est considérée comme une nouvelle culture pour l’agriculture canadienne, des demandes ont été faites auprès de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (l’ACIA), qui est responsable de la réglementation du lancement environnemental de végétaux à caractères nouveaux (VCN). « En attendant les approbations de l’ACIA, nous sommes à trois ans de la production commerciale, » explique Paul Watson. « Nous nous attendons à ce que d’ici 2012 nous fassions pousser du matériel végétal pour des possibilités de traitement et de commercialisation. » En plus de la sélection des plantes et des recherches agronomiques, l’équipe travaille aussi sur la technologie d’extraction.
Développement de partenariats pour la commercialisation
Au cours des deux prochaines années, l’ARC s’attend à voir des résultats du programme de sélection végétale, des essais agronomiques et d’autres efforts dans des projets. « Nous recherchons des investissements et des partenariats avec d’autres personnes dans l’industrie, des entreprises, le gouvernements et des universités pour faire avancer ce programme le plus rapidement possible, » déclare Paul Watson. Il y a des possibilités pour les producteurs, les chercheurs et les investisseurs dans ce projet.
« Nous sommes très captivés par ce projet et je crois qu’il a un réel potentiel, » ajoute Paul Watson. « Ce n’est pas tous les jours que nous pouvons travailler sur un projet qui a le potentiel de sauver des centaines de milliers de vies chaque année. »
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